26 mars 2008

post-cuite

Après un samedi soir très agréable mais peut-être légèrement trop arrosé, la suite du week-end s'est déroulé sous la couverture et devant un écran, afin d'apprécier le travail et parfois la virtuosité de nos amis intermittents du spectacle.
Alors, je ne suis pas critique de cinéma et n'ait absolument aucune compétences dans ce domain, mais je permets quand même de faire quelques commentaires.
Commençons par le plus simple, qui a pris sa logique place de film du dimanche soir: Camping. Eh oui, "Camping". bon je me suis dis que sous la neige ça pourrait faire du bien de respirer la plage, le soleil et le gazon humide sous la rosée (ça c'est quand tu pointes ton nez hors de la tente au petit matin). Bon, c'est clair que c'est pas un grand film, mais bon, ça se laisse regarder. C'est un peu idiot, plein de clichés, pas toujours bien joué ni bien tourné, mais si on arrive à rendre son cerveau disponible, ça passe. J'avoue que je me suis même laissée surprendre à sourire plusieurs fois!! Bon, j'ai un peu regretté que l'histoire se déroule dans un camping 3 étoiles, ça a un peu gâché mon plaisir, parce que personnellement si je vais au camping c'est parce que j'aime bien mais aussi pour pas payer cher, alors si la nuit coûte le même prix qu'une chambre d'hôtel, on joue plus dans la même cour. Bref, tout ça pour dire que ce film vaut la peine d'être vu si on a rien d'autre à faire.
Ensuite il y a eu: Dikkenek. Comme je n'habite pas loin de la Belgique, leurs productions m'intéressent toujours, surtout qu'elles sont souvent assez frappées. Celle-ci ne fait pas exception, c'est assez délirant. les personnages sont drôles et il y a quelques situations cocasses, mais je dois avouer que j'ai été un peu déçue. On me l'avait vraiment vendu celui-là, peut-être un peu trop finalement. En fait j'ai trouvé que c'était très déconstruit, et surtout que ça ne racontait pas grand chose. Bref, on se marre bien, mais une fois visionné on s'en rappelle presque plus.
Alors là par contre on va commencer à passer aux choses sérieuses.
Lundi soir on s'est regardé: respiro. Là encore, sensation de chaleur, odeur d'écume et sensation de sable fin sous la plante des pieds, mais en version aride et avec une Histoire. On se trouve en Italie, à une époque incertaine, en plein été. Nous suivons les pérégrinations psychiques d'une mère de famille qui fait office, en quelque sorte, de "folle du village". Or, comme beaucoup de son espèce, elle ne l'est pas. elle rêve tout simplement de liberté dans un univers machiste, de rêve, de joies, de poésie, ... bref, tout ce qui n'est pas franchement admis au village, qui est tout ce qui a de plus traditionnel. Grazia est soutenue par ses trois enfants, surtout Pasquale, l'adolescent. Les images sont absolument sublimes, les personnages plus qu'attachants (le plus jeune m'a beaucoup fait rire à se prendre pour un homme avant l'heure), l'ambiance passe du rire à l'angoisse, parce qu'on redoute toujours ce qui va arriver à Grazia. J'ai aussi beaucoup aimé la peinture de l'amour qu'elle partage avec son maris, qui est pris entre tous les sentiments qu'il a pour lui et le poids des traditions. Un film sucré/salé aux multiples qualités.
Les deux derniers films visionnés ce week-end sont beaucoup plus sombres, et posent de nombreuses questions.
Tout d'abord: mysterious_skinsrc=. "Mysterious skin" de Gregg Araki, le réalisateur de "Doom generation". Je ne m'attendais donc pas à quelque chose de frais, et j'ai bien fait. Ce film est très sombre et prend franchement aux tripes. Araki parvient à aller très loin dans les images tout en ne passant jamais une certaine limites (pas celle du supportable, qu'il enjambe assez souvent). Sa réalisation est excellente, et les personnages n'en parlons pas. Le sujet est hyper délicat, puisque le film traite de la pédophilie et des conséquences qu'elle a sur ses victimes, mais Araki parvient à n'être ni trop trash ni trop mièvre. Certaines scènes sont vraiment très dures, notamment celles de viol ou quand Neil se prostitue, mais en même temps elles font complètement partie du film dans son ensemble, et lui donnent toute sa dimension. Franchement un film qui chamboule et ne laisse pas indemne, mais qui, à mon avis, manipule très bien le sujet.
Enfin, et je terminerai là-dessus: tideland. "Tideland" de Terry Gilliam, un vrai coup de coeur. J'adore les films de ce réalisateur en général ("Brazil", "Les frères Grimm", "Las vagas Parano"...), mais là il m'a complètement retournée. Il s'agit de l'histoire incroyable d'une petite fille d'une dizaine d'années, Jeliza-Rose. Après le décès de sa mère, elle s'installe au milieu de nulle part avec son père héroïnomane. Elle va se retrouver livrée à elle-même et survivra grâce à son incommensurable imagination et à certaines rencontres. Je ne sais pas comment l'exprimer mais je dirais que cela m'a fait tant d'effets parce que ce film montre, pour moi, comment la folie peut nous envahir, mais au travers d'une petite fille. Comment ressort-elle de cette expérience? A quel point son psychisme et son identité ont-ils été atteints? Comment survivire à de telles expériences, à de telles situations...? Vref, j'en parle très mal mais à mon avis un superbe film pour quiconque s'intéresse au fonctionnement psychologique de l'être humain.

Posté par Eybigwel à 17:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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